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Financement : les solutions alternatives

Prêt d'honneur, business angels, bourses d'opportunités, subventions... Saviez-vous qu'il existe de nombreuses aides financières destinées aux créateurs ou aux repreneurs ? Soumis à conditions, ces coups de pouce peuvent faciliter le démarrage de l'entreprise.

Une fois l'idée trouvée, la cohérence avec le projet personnel vérifiée et l'étude de marché réalisée, il reste un point essentiel : réunir les capitaux nécessaires. Votre plan de financement s'appuie sur vos économies personnelles et peut-être sur un crédit. Mais avez-vous pensé au prêt à taux zéro, à un prêt d'honneur, ou à un business angel ? Petit tour d'horizon, non exhaustif, des principaux dispositifs d'aides à la création.

Un prêt à taux zéro

Vous avez du mal à boucler votre plan de financement ? L'État vous aide grâce à son dispositif Nacre (Nouvel Accompagnement pour la création et la reprise d'entreprise).

Comprenant une aide au montage du projet et au développement de l'entreprise, ainsi qu'une aide financière, il s'adresse, par exemple, à certains demandeurs d'emploi, aux bénéficiaires du RSA, aux jeunes de dix-huit à vingt-cinq ans, aux salariés qui reprennent leur entreprise en redressement ou liquidation judiciaire, ou encore aux personnes qui créent leur entreprise en Zus (Zone urbaine sensible).

Il s'agit d'un prêt à taux zéro, et donc sans intérêts, jusqu'à 10 000 €, et d'une durée maximale de cinq ans. Attention, il doit obligatoirement être couplé avec un crédit bancaire (dont le montant et la durée sont supérieurs à ceux du prêt à taux zéro). Les collectivités locales accordent, elles aussi, régulièrement des subventions.

Du chômage en capital

Lorsque vous êtes au chômage et que vous créez votre entreprise, vous pouvez demander le maintien partiel de vos allocations pendant la phase de démarrage de votre projet. Ce que l'on sait moins, c'est que vous pouvez aussi opter pour une autre solution : demander le versement de la moitié de vos allocations de chômage sous forme de capital.

En pratique, 50 % de la somme sera versée à l'immatriculation de la société, et l'autre moitié, au bout de six mois d'activité. Un coup de pouce soumis à conditions, par exemple ne pas bénéficier d'un contrat de travail dans la nouvelle structure ou encore cesser d'être inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi.

Prêt sur l'honneur

Les créateurs ne disposent pas tous d'un apport personnel suffisant. Pour les aider à obtenir un crédit bancaire, certains organismes leur accordent un prêt d'honneur. Généralement à taux zéro, et sans demande de garantie (d'où son nom de prêt « d'honneur »), il complète l'épargne personnelle du créateur d'entreprise. Les banques se montrent alors moins frileuses pour financer le projet.

Les conditions d'obtention d'un prêt d'honneur varient d'un organisme à l'autre. D'une durée de deux et cinq ans, d'un montant de 3 000 à 30 000 €, il privilégie certains types de projets, comme ceux permettant la réinsertion économique des personnes en difficulté, ceux à vocation écologique ou encore ceux en milieu rural.

Jeunes, femmes, handicapés...

Il existe des aides financières spécifiques, à demander en fonction de son âge, de son sexe, ou de son handicap.

  • Pour les jeunes de dix-huit à trente ans, le dispositif régional Envie d'Agir vise à appuyer toutes les idées qui présentent un caractère de défi personnel ou professionnalisant, et qui ont un impact sur le projet de vie des jeunes. La bourse peut atteindre jusqu'à 6 000 €.
  • De leur côté, les femmes peuvent compter sur des réseaux qui leur sont réservés, comme le Clefe, le Club local d'épargne pour les femmes qui entreprennent, qui les aide à constituer leurs fonds propres.
  • Les personnes handicapées bénéficient elles aussi d'un soutien à la création d'entreprise particulier : jusqu'à 12 000 € et l'appui de l'Agefiph (Association de gestion du fonds pour l'insertion des personnes handicapées).

Les business-angels

Comment faire quand on a l'idée du siècle, mais pas la moindre piste pour financer son projet ? Trouver des investisseurs qui y croient est une solution. C'est le principe des business angels, un système très répandu aux États-Unis et en Angleterre, et peu exploité en France : seulement sept mille business angels, contre plus de quarante mille outre-Manche...

Le principe est simple : les réseaux mettent en relation porteur de projets innovants et investisseurs. Ces derniers prendront, ou non, part au capital de la nouvelle société. La concrétisation de la rencontre d'une idée et de son financement ! En moyenne, le montant est estimé à 100 000 € (moyenne européenne), mais il peut grimper bien plus haut. Il n'y a pas de limite, son plafond dépend de la prise de risque de chaque investisseur.

Il existe d'autres réseaux qui mettent en relation les porteurs de projet et les preneurs de participation au capital : les Clubs « Cigale », Love Money pour l'emploi ou encore le dispositif Garrigue.

Dernier conseil : préparez-vous. Les dispositifs d'aide à la création sont un bon coup de pouce, et il ne vous restera plus qu'à obtenir un crédit.

Les banques sont aujourd'hui quelque peu réservées, voire frileuses, envers les créateurs d'entreprise. Votre dossier doit être complet, précis et évidemment vendeur. Montrez que vous maîtrisez votre sujet, et notamment les rouages du montage financier. Enfin, soyez capable, oralement, de présenter, et surtout de défendre, votre projet.

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