Bien monter son plan de financement

Sans financement, il est pratiquement impossible de créer son entreprise. Conseils pour bien monter son dossier et vendre son projet aux banques.

Un bon financement est l'une des clefs de la réussite de votre projet et ne doit sous aucun prétexte être négligé. votre financement s'appuiera principalement sur trois piliers distincts.

  • Tout d'abord, les ressources dites durables rassembleront vos fonds propres.
  • Les ressources à moyen terme seront constituées par les emprunts ou encore les aides ou subventions remboursables.
  • Enfin, les ressources à court terme comme les facilités de caisse seront directement liées au niveau d'activité de votre entreprise.

Chaque création étant unique, chaque financement l'est également. Comme le signale Jean-christophe Sozza, responsable commerce et franchise à la banque fédérale des banques populaires (bfbp), « Le dossier de financement repose pour partie sur les qualités du demandeur, le secteur d'activité ne doit pas présenter de risques démesurés et le niveau de ressources financières doit permettre un endettement supportable. Si ces conditions sont réunies, le créateur obtiendra son financement ».

Préparez votre dossier

Tout commence par le business plan ou l'étude de marché. Une règle d'or : ne pas laisser de zones d'ombre sans explications. « Le conseil fait aussi partie de notre métier. Et nous ne manquons pas de repérer et de souligner les points qui nous semblent être préjudiciables au développement de l'entreprise. Par exemple, si l'endettement nous apparaît trop élevé et empêche le versement d'un salaire ou des investissements nécessaires à la croissance de l'entreprise, nous ne manquerons pas de le signaler », précise Jean-Christophe Sozza. Dans le contexte actuel, mieux vaut avoir un dossier parfaitement ficelé.

Une étude de marché reste avant tout une affaire de bon sens qui doit apporter des réponses précises à un certain nombre de questions. Qu'allez-vous vendre ? A qui ? Y a-t-il un marché ? Il est également impératif d'analyser l'état de la concurrence directe. L'implantation sera aussi un point essentiel qui déterminera en grande partie votre succès.

Ensuite, en recoupant les différents éléments d'informations recueillis, on doit être en mesure d'évaluer le nombre de clients potentiels sur la zone d'intervention et de mesurer leur volume de consommation possible afin de bâtir, en le justifiant, son chiffre d'affaires prévisionnel.

Vous pouvez vous faire accompagner dans votre étude de marché : pensez aux chambres de commerce !

Côté banque

Malgré la crise, les banques financent toujours la création d'entreprise. Reste qu'un bon apport facilite la demande de financement et le dialogue avec le banquier. Plus l'apport sera important et meilleures seront les conditions du prêt. Et bien sûr la charge des remboursements sera moins lourde. « Le montant de l'apport varie selon la nature du projet. C'est le bon rapport entre finances propres et financement bancaire qui doit permettre à l'entreprise de démarrer et de connaître une certaine croissance », précise Jean-Christophe Sozza.

Mais généralement, entre 20 et 30 % d'apport personnel du plan de financement total incluant les besoins de trésorerie est un bon rapport. En souscrivant un Livret d'épargne entreprise, on peut se constituer un apport. Son principe est identique à celui du Plan épargne-logement. Le créateur épargne pendant plusieurs années, ce qui lui permet au terme de cette phase d'accéder à un prêt à taux réduit.

Seule condition, vous devez souscrire ce livret pendant deux ans au minimum et l'alimenter régulièrement jusqu'à 45 800 €. Les fonds sont disponibles au bout de deux ans. C'est un produit mal connu et surtout mal aimé des banquiers qui n'en font pas la promotion et donc peu utilisé par les créateurs potentiels.

Le prêt personnel permet aussi de compléter l'apport personnel. Certains organismes extra-bancaires attribuent des prêts d'honneur sans exiger de garanties. Ils sont généralement accordés à taux réduit, voire à taux nul, mais là encore après un examen attentif du dossier. De même, quelques banques accordent des prêts à des conditions minorées, à l'occasion d'accords passés avec des structures s'occupant de création d'entreprise.

La banque vous prête

Sans qu'il y ait de règle absolue, les banques ne financent généralement les projets qu'à hauteur de 70 à 80 % du montant hors taxes. Cela concerne le plus souvent les investissements physiques, le fonds de commerce s'il y a lieu, et éventuellement, mais souvent avec réticence, le besoin en fonds de roulement.

Le banquier limite fréquemment son engagement à hauteur de la mise du créateur : il considère que les fonds propres doivent au moins égaler l'emprunt sollicité. « Pour mettre toutes les chances de son côté, il faut travailler en amont en cherchant toutes les aides pour renforcer les fonds propres », ajoute Jean- Christophe Sozza.

Pour compenser la faiblesse de l'apport, les pouvoirs publics ont mis en place le Prêt à la création d'entreprise (PCE). Il a pour vocation de favoriser l'accès au crédit bancaire pour les créateurs et les repreneurs de petites entreprises et répondre à l'insuffisance de fonds propres en confortant leur plan de financement au démarrage.

Le PCE s'adresse à toutes les entreprises en phase de création (numéro Siren attribué quel que soit leur secteur d'activité), et n'ayant pas encore bénéficié d'un prêt bancaire égal ou supérieur à deux ans. Il finance en priorité les besoins immatériels de l'entreprise : constitution du fonds de roulement, frais de démarrage, mais peut aussi financer la reprise d'un fonds de commerce. Ce qui vous évitera de puiser dans votre trésorerie. Le montant du PCE est compris entre 2 000 et 7 000 €. Dernier point, il est attribué sans caution ni garantie. Certains types de créations peuvent prétendre à des financements à taux plus avantageux que les crédits classiques. Renseignez-vous auprès d'un organisme d'accompagnement.

De bonnes garanties

Tous les organismes prêteurs sont à la recherche de garanties pour se prémunir des risques. Et c'est normal. D'autant que la création d'entreprise comporte une part de risque non négligeable. Aussi hypothèque, nantissement et gage sont-ils monnaie courante et, selon les cas, caution personnelle. Mais si après examen les garanties prévues sont jugées insuffisantes, le dossier risque d'être refusé sauf à prévoir d'autres solutions de garantie comme la prise en charge partielle du risque de la banque par un organisme tiers : fonds de garantie ou sociétés de caution mutuelle.

Les Fonds de garantie sont alors nombreux. Ils peuvent être nationaux, régionaux, locaux ou même spécialisés. Oseo gère également différents fonds de garantie pour la création, la transmission et le développement des PME. Sofaris Région, filiale de Sofaris et de la Caisse des dépôts et consignations a passé des accords avec certains Conseils régionaux ou généraux pour mettre en place un régime de garantie généralement plus favorable aux créateurs d'entreprises que les fonds de garantie habituels. Le Fonds de garantie à l'initiative des femmes, FGIF, apporte sa garantie aux créatrices à hauteur de 70 % pour un financement bancaire compris entre 5 000 et 38 000 €. Les sociétés de caution mutuelle peuvent aussi cautionner l'emprunt.

Pensez aux aides !

Les aides mises à disposition des créateurs d'entreprise sont nombreuses. Elles peuvent être nationales, départementales. Les aides provenant de l'État sont destinées, pour certaines, à inciter les entreprises à s'implanter dans tel ou tel secteur géographique.

Mais attention, si elles sont les bienvenues, elles ne peuvent être prises en compte pour financer les premiers besoins durables de l'entreprise. Elles ne sont généralement versées que plusieurs mois après le commencement de l'activité et souvent une partie du paiement de la subvention est conditionnée à la réalisation préalable de certains engagements relatifs à l'investissement ou à l'embauche.

Dans ce cadre, on peut mentionner la prime à l'aménagement du territoire accordée par la Délégation interministérielle à l'aménagement et à la compétitivité des territoires aux entreprises qui s'installent dans certaines zones d'aménagement du territoire sous condition d'emplois et d'investissements.

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