Les clés d'un bon business plan

Pas de création d'entreprise sans business plan ! Ce document de travail sera indispensable à plus d'un titre. C'est lui qui fixera vos objectifs à court et moyen terme, mais surtout il vous permettra de convaincre d'éventuels investisseurs sur le bien-fondé de votre projet.

Un certain nombre d'entreprises disparaissent dès les premières années de leur activité. Les raisons de ces échecs sont multiples : inadéquation du concept avec le marché, pas de clientèle, problème de trésorerie... Mais le plus souvent, ces disparitions prématurées sont dues à une erreur d'appréciation sur la définition des objectifs et les mesures destinées à les atteindre. Et c'est votre business plan qui va définir avec précision vos buts et les moyens que vous allez mettre en oeuvre pour développer votre affaire. Alors, avant de vous lancer tête baissée dans l'aventure de la création d'entreprise, confirmez votre projet par un bon plan d'affaire.

À quoi ça sert ?

Le business plan est une étape fondamentale de la création d'entreprise à laquelle vous ne pouvez pas vous soustraire. Cette étape doit déterminer si votre projet a des chances d'aboutir et de survivre dans le contexte économique dans lequel il va s'insérer. Ce document de travail va permettre en effet d'évaluer la viabilité de votre projet au cours de ses premières années d'existence. Véritable feuille de route, le business plan jouera un peu le rôle de vigie.

Le premier aspect de l'étude concerne directement votre projet. L'étude va devoir d'abord vous conforter sur sa faisabilité, notamment sur son aspect financier : rentabilité, cohérence du plan de financement, etc. Inutile en effet de persévérer s'il apparaît rapidement que votre idée n'est pas viable. Pour être complet, le business plan devra intégrer toutes les informations du projet et les mettre en relation avec les facteurs extérieurs auxquels il sera confronté : le marché, la clientèle, la concurrence, les données financières, la communication, etc.

Le deuxième aspect du business plan vise à démontrer l'intérêt d'investir dans votre affaire. Ce document sera systématiquement demandé par les banques et les investisseurs lors de toute recherche de financement. À sa lecture, le prêteur jugera la viabilité du projet et sa cohérence. Autant dire qu'il doit être réalisé avec beaucoup d'attention et de soin.

Enfin, votre business plan vous servira de tableau de bord. Il vous permettra de mesurer précisément l'état d'avancement de votre entreprise. Vous pourrez notamment évaluer votre retard ou votre avance sur les objectifs initialement fixés.

Les points clés

Votre plan d'affaires doit résumer votre stratégie d'entreprise à court terme. Si le potentiel du projet y apparaît explicitement, il sera un outil de crédibilité lors de la recherche de financements et de partenariats. Il s'agit de faire comprendre le projet et de démontrer l'intérêt d'y investir.

Règle d'or : faites preuve d'objectivité et de réalisme. Inutile donc de « gonfler » les chiffres, cela ne servira à rien. Votre interlocuteur, souvent expérimenté, jugera votre dossier au mieux irréaliste, au pire fallacieux.

Vous devrez notamment fournir des objectifs précis de chiffre d'affaires sur plusieurs années, trois ans en général. Une décomposition du chiffre d'affaires par semaine ou par mois sera souvent demandée. Pour tendre vers la plus grande objectivité possible, il sera nécessaire de prendre en compte toutes les charges fixes incompressibles et de les déduire de votre chiffre d'affaires : consommables, salaires, loyers. Vous obtiendrez ainsi la marge de votre entreprise et donc sa viabilité. C'est grâce au tableau des immobilisations que vous pourrez y voir plus clair sur vos besoins corporels, incorporels et sur les immobilisations légales. Pour convaincre vos futurs investisseurs, il est impératif d'établir un tableau de vos apports numéraires, en nature, de vos aides et de vos prêts. Enfin, il est important de connaître vos décaissements et encaissements, et donc votre besoin de fonds de roulement.

Soignez la forme

« Ce qui se conçoit bien, s'énonce clairement. Et les mots pour le dire arrivent aisément. » Cette citation de Boileau s'applique parfaitement à la rédaction d'un business plan. Tout d'abord, il doit être simple et compréhensible par le plus grand nombre, Surtout par les non-spécialistes. Le contenu doit éviter d'être trop technique. L'investisseur, le futur actionnaire, n'est pas forcément un spécialiste d'Internet ou de la boulangerie. Vous en serez quitte pour le modifier si vous vous adressez ponctuellement à un connaisseur.

Pour séduire et convaincre, vous devrez afficher clairement vos ambitions. À l'image des speed dating (signifiant littéralement rencontres rapides ou rencontres express), inutile de faire long. Six ou sept pages doivent suffire pour décrire votre projet et séduire votre lecteur. Son attention devra donc être attirée dès les premières lignes. De son côté, votre lecteur voudra simplement savoir si son investissement est risqué et s'il sera profitable à moyen terme. Autrement dit, votre business plan doit donner envie.

Les pièges à éviter

La création de votre entreprise est un moment important porté par votre enthousiasme. Mais attention, ne vous emballez pas pour autant. Votre business plan doit en effet impérativement se baser sur des hypothèses réalistes. Le plus souvent il vous faudra envisager plusieurs scénarios : une hypothèse haute, médiane et basse. Le contenu devra néanmoins être équilibré : ni pessimiste, ni exagérément optimiste. À défaut, les décideurs aguerris détecteront immédiatement les incohérences ou approximations de votre business plan.

Le marché sur lequel vous allez vous positionner ne devra pas être surestimé. Mieux vaut de bonnes surprises plutôt que de mauvaises. Des taux de croissance anormalement élevés sembleront d'emblée suspects. Fort logiquement, votre part de marché ne devra pas non plus être surévaluée. Les délais envisagés pour atteindre vos objectifs devront également être réalistes.

Au cours de la rédaction de votre business plan, vous allez devoir vous poser quelques questions essentielles et leur apporter des réponses.

Que fait votre société ? Vous devrez en quelques lignes exposer votre concept, décrire votre produit ou votre offre de services. Naturellement il faut démontrer en quoi votre projet est unique et novateur.

Quelle est la concurrence et quel est votre positionnement ? Comment vous distinguez- vous de vos éventuels concurrents ? Il en découlera fort logiquement un potentiel de croissance.

Comment comptez-vous mettre en oeuvre votre business plan ? Autrement dit, comment comptez-vous atteindre vos objectifs, avec quels moyens humains et financiers.

Quelles sont vos projections financières ?

Quel est l'intérêt de solliciter l'intervention d'un investisseur ? Comment sera utilisé le financement et avec quels bénéfices pour l'investisseur ? L'investisseur s'attend à ce que son intervention permette une augmentation rapide du chiffre d'affaires et un excellent retour sur investissement.

Comment la société va-t-elle devenir profitable ? Il s'agit d'expliquer le marché et la concurrence et de produire une analyse du chiffre d'affaires et des marges.

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